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#4 : Plein soleil - Le « flare », défaut devenu artistique

25 janv. 2018
8 min de lecture
  • Sun (full)

A découvrir dans ce post : L’histoire d’un rayon dans l’oeil au cours d’une balade improvisée, d’une photo « coup de chance », et quelques explications sur les taches lumineuses aussi appelés « flare » . . . L’histoire de cette photo

« Quentin, il faudrait qu’on aille se faire une balade photo un de ces 4 ». Ok carrément ! Et me voilà parti sur les hauteurs de la terrasse Lyonnaise Bellevue. Sans surprise, elle porte bien son nom. En quelques minutes, je me retrouve à expliquer brièvement le triangle de la photo (Ouverture, Temps d’exposition et ISO) à un novice désireux d’apprendre. Manque de bol, son beau bridge Olympus, je le connais peu, dur de mettre en pratique ce que j’essaye d’expliquer simplement. Pour ceux qui s’y sont essayés, vous savez comme moi qu’en photo, la pratique est clé dans la maitrise. Quelques essais infructueux plus tard, on décide de faire une petite balade, direction le quartier de La Croix Rousse, que je ne connais presque que de nom. 100 mètres, c’est à peu près ce qu’on a fait, avant qu’un rayon de soleil me tape dans l’oeil à travers les feuillent des arbres qui nous couvraient jusque là. Il a suffit d’un instant pour que ça pique. (X)_(X) « Oh mais attend, si je jouais avec ce truc ! » C’est exactement ce qu’il s’est passé. Ca n’a duré que le temps de 2 photos (pour une fois), et voilà le résultat ! Merci pour cette balade Romain ! Elle ne m’a pas permis que cette photo, « mais ceci est une autre histoire.. » Le cadrage : On commence par trèèèèès simple : L’effet recherché, c’est ce coin de rayon de soleil caché derrière un truc (ici une feuille), qui va nous permettre de bien voir ce rayon. On va même chercher ces « tâches rondes de soleil » dans certains coin, ça fait classe. Ces tâches rondes, ça s’appelle du « flare », mais j’y reviens plus tard. Pour bien voir notre rayon ici, rien de compliqué. Il est derrière des feuilles grosses comme une main, mais à 10 mètres au dessus de ma tête. On cherche donc à zoomer pour donner à ce rayon la proposition qu’on veut lui donner. Et puis on se prend le flatte dans les yeux, un petit dézoom pour en capter un maximum. Les flammes les plus classiques sont dans les photos de coucher de soleil, ou le cadre principal est le paysage, avec le soleil dans le coin. Vous verrez dans l’astuce que ça permet de positionner le flare en touches légères sur une grande partie de l’image. Sauf que là, le décor est assez mince par rapport au petit rayon de soleil qui passe entre 2 feuilles dans le vent. J’ai donc préféré le faire devenir « le sujet » de cette photo : Plein centre, plein zoom, plein flare. Les réglages : Récap : Nikon D750, Objectif Nikon 24-120mm f/4 ISO ,F/22 , 1/150s Ouverture : f22 Temps d’exposition : Temps court, pour 2 raisons : 1. On a le soleil en pleine face, une grosse quantité de lumière directement dans l’appareil, pas besoin de rester longtemps ouvert pour en capter 2. On a du vent dans les feuilles, le rayon joue donc à cache-cache, il faut vite le saisir. ISO : 100, simple. Beaucoup de lumière, rien à rattraper par le boitier Le développement : Pas grand chose en développement ici, à part : - Saturer un peu les couleurs pour l’ambiance nature - Bien marquer les verts et les jaunes. Ils peuvent ressortir assez proches souvent. Avec l’outil de teinte de Adobe Lightroom, c’est assez simple. - Un peu de clarté pour bien marquer les contours des halos du flare par rapport au fond, et ceux des rayons centraux - Du « dé-crammage » : le soleil en pleine vue ressort plutôt comme une boule de lumière que l’étoile que vous y voyez. C’est une baisse des « hautes lumières », qui permet de réduire les zones très éclairées, mais pas non plus blanches Pour la version Couleur / Noir et blanc, j’ai simplement cherché à ajouter une petite touche géométrique à la photo, qui reste « peu intéressante » sinon. Etant naturellement attiré par le noir et blanc et moins la couleur, ça me démangeait. Oui Denis, cette photo a de l’intérêt en couleur, pas en noir et blanc, je sais ;) Pour finir : Non, cette photo n’est pas le résultat d’un photoshop, qui permet de créer de faux flares. Celui là est bien réel. Et puis de toute façon je sais pas faire sur Photoshop

Parenthèse technique de l’article : « Mais comment on fait cet effet? » - Le flare Pour être franc, on fait pas grand chose, c’est un effet naturel. Mais c’est pas parce qu’on ne crée pas cet effet via des réglages particuliers, qu’il n’est pas important de le comprendre. Je ne compte plus les tâches de lumière que j’ai retouchées après coup, parce que je n’en voulait pas. C’est un effet accentué par certains facteurs de votre photo : on peut donc le chercher comme l’éviter via quelques manips simples Qu’est ce que c’est ? Le « flare », ou en français « facteur de flare » (si si), c’est techniquement un défaut de photo. Votre objectif est composé d’un tas de lentilles, qui, comme des verres de lunettes, font passer la lumière pour que la voyez de la façon voulue. En théorie, la lumière va passer à travers vos lentilles, être redirigée vers votre capteur (en faisant du gauche/droite). En pratique, cette lumière ne vous obéit pas, elle fait un peu ce qu’elle a envie (tout ce dont elle a envie en fait). Parfois, quand elle est chaude, elle se reflète dans le verre. Autrement dit (on le voit bien sur le schéma), au lieu de traverser la paroi de la lentille, elle va rebondir dedans. Et là, c’est le bordel. C’est par exemple ce que vous voyez quand vous regardez un écran ou une vitre au soleil. Vous voulez voir du flare ? Verrouiller votre écran de téléphone, et utilisez le comme un miroir pour regarder une ampoule. Les petits rayons sur les cotés que vous voyez partir, qui souvent ont des couleurs différentes de celles de l’ampoule, c’est le flatte. Cet effet pas toujours plaisant, et c’est pour ça qu’on « traite » les verres « anti-reflet ». Imaginez que les gens qui portent des lunettes aient ses taches systématiquement sous leurs yeux.. Et bah les lentilles d’un objectif c’est PAREIL

On voit bien sur le schéma que ces rayons fous vont créer des images à un autre endroit que la ou elles devraient être. Ce sont les fameuses tâches que l’on voit. A quoi c’est dû ? Je vous l’ai dit, c’est de la lumière qui se reflète dans vos lentilles et parvient jusqu’à votre capteur. Néanmoins, ça n’arrive pas tout le temps, certains facteurs permettent plus ou moins cet effet. En voici quelques uns :

- Une lumière forte, c’est à dire de forte intensité par rapport au reste du cadre. Pourquoi ça joue ? Ben parce qu’elle est forte, elle balance tout plein de petits/gros rayons, et ils ont donc plus de chance de subir le phénomène. - La qualité de votre objectif : On oublie souvent de regarder ce paramètre à l’achat d’un objectif, et pourtant ça peut en être un. La « sensibilité au flare » est rarement mise en avant par les marques ou les vendeurs, mais elle vient en fait de la qualité de vos lentilles et du traitement anti-reflet qui est fait dessus. Vous en verrez plus facilement sur les photos de votre téléphone, de votre gopro ou de votre caméra que sur l’objectif d’un appareil : les lentilles y sont plus traitées. - La présence de lumières « rasantes » : sur le coté de votre objectif, pas forcément dans votre cadre. Ces rayons qui viennent de travers ont plus de chance de mal réagir à la traversée de la lentille, et vont vous créer du flare. - La composition de votre objectif : On le regarde peu souvent, mais un objectif a un certain nombre de lentilles dedans. En général, plus il est gros, plus il en a. C’est un facteur qui joue également sur le flare : Les rayons lumineux doivent traverser plus de lentilles, ils ont donc plus de chance de se refléter, et de créer du flare. - Une grande ouverture du diaphragme : vous laissez passer plus de lumière jusqu’à votre capteur, donc les rayons fous ont plus de chance d’y aller. - La longue exposition : Si vous faites de la photo de nuit avec des lampadaires, ce phénomène est quasi inévitable. Les lampadaires vont vous faire des tâches, ou ressortir en « étoile ». Pourquoi ? C’est simple : Vous rester ouvert longtemps, il y a plus de rayons qui passent, on a plus de chance d’en capter certains qui vont rebondir. Astuce : Pourquoi cette étoile ? Le nombre de pics sur votre étoile vient en fait du diaphragme de votre objectif. Cet espèce d’iris qui se referme. Il a un nombre de lamelles qui font le tour. C’est en fait ce nombre de lamelles qui définit le nombre de pics sur vos lumières. Si vous changer d’objectif, ce nombre risque de changer, et l’étoile risque de tourner. En quoi c’est gênant ? Malgré son caractère technique de défaut d’image, ça n’est pas forcément gênant à première vue. C’est même un effet recherché désormais, un effet artistique. Vous pouvez donc choisir de faire varier les facteurs dans un sens ou dans l’autre, selon ce que vous voulez créer. Ce qu’on voit moins souvent, c’est l’aspect négatif qu’il a sur une photo, parce qu’on ne le voit pas en entier. Pour s’en rendre compte, il faut comprendre que la tâche ronde que l’on voit est plus ou moins grande, et qu’elle a une couleur différente de la source qui la crée. Ca se voit surtout sur le photo du télésiège. Dites vous bien une chose : Si ces tâches ont des tailles, des couleurs et des intensités différentes, rien ne m’empêche d’en avoir une quelque part que je ne vois pas, et elle peut être plus grosse. Pour répondre à la question du gêne, il faut bien voir ce « halo lumineux » dans la tâche. Il crée en fait un effet de perte d’informations sur ce qu’il y a derrière. Si vous regardez le fond de la photo du télésiège, vous verrez que les couleurs du flare prédominent sur celles du fond. On perd aussi très souvent en contraste, obtenant des photos « molles ». Mixez mes 2 derniers paragraphes, t vous comprendrez le gros aspect néfaste du flare : il existe souvent de grosses taches, que l’on ne voit pas forcément, mais qui vont réduire votre contraste, changer vos couleurs, créer des lignes parasites sur vos photos. Il est donc important d’y faire attention. Et du coup, on fait quoi ? - Mettez votre pare-soleil. Ca évitera aux rayons des cotés de venir vous en créer. Enlevez le si vous voulez multiplier vos chances (il ne sert globalement qu’à ça !) - Nettoyez votre objectif : « C’est un effet de cochon », donc si votre objectif est sale, ça jouera. Inutile de le salir volontairement pour autant, ça pourrait aller trop loin. - Faites gaffe aux lumières fortes si vous n’en voulez pas. Cadrer les si vous en voulez - Essayez de fermer votre diaphragme un peu (on monte le chiffre après le F/…) pour enlever le flare, ouvrez le pour le favoriser - Changez le temps de pose de votre photo : augmentez le si vous voulez du flaire, réduisez le pour l’éviter. - En pratique, pour augmenter votre temps de pose pensez : trépied pour ne pas bouger + Filtre ND (lunettes de soleil pour objectif) - En pratique, pour le diminuer, c’est votre ISO qu’il faudra monter (attention au bruit) - Changez votre objectif (oui, non, quand même) Astuce pour en créer si vous aimez ça : Orientez une bonne lumière bien forte en plein sur votre objectif, idéalement de coté, ça marche bien (Un flash va encore mieux). Pas besoin qu’il soit dans le cadre, sans le pare-soleil, les rayons vont bien vite venir dans votre objectif. C’est un peu ce qu’on voit sur la photo du drone qui est dans la série. Astuce : Comment positionner son flare ? Si, si, ça peut se faire. Le flare a souvent un comportement identique, du fait des compositions de lentilles qui reviennent souvent. Il a deux phénomènes visibles : les tâches, et les halos.

- Vous le verrez sur cette image, les tâches vont souvent dans les axes entre votre source lumineuse et le centre de votre photo. - Les tâches visibles sont proportionnelles à la taille de votre source de lumière - Pour les halos, c’est simple, ils vont : - Autour de votre source lumineuse (exemple des étoiles sur les lampadaires) - Dans le centre de vos taches.


 
 
 

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